Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. le comte Alfred de Vigny
Quand la lune commence à monter, blanche, aux cieux,Quelquefois je m’en vais tout seul aux Tuileries,Sous les hauts marronniers traîner mes rêveriesEt sentir un vent frais passer dans mes cheveux.
Alors, si quelque oiseau chante, aussitôt mes yeux,Dont les larmes tombaient sur les feuilles flétries.Le cherchent ; mais caché sous des branches fleuries,Il achève, invisible, un chant mélodieux.
Moi, debout devant l’arbre où ce doux oiseau chante,J’écoute bien longtemps sa musique touchante ;Et, tout en l’écoutant, je vous nomme tout bas.
Comme lui, de Vigny, quand de votre retraiteS’élèvent vers les cieux vos beaux chants de poëte,L’univers vous entend, mais il ne vous voit pas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources