Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. Antoni Deschamps
Sur ses genoux nerveux posant ses larges mains,Le colossal Atlas porta l’Olympe antique,Sans partager jamais cette charge héroïqueQu’imposait à sa force un arrêt des Destins :
Tel, dépassant du front tous ses contemporains,Dante, plus fort encor que le géant d’Afrique,Prit trois mondes au dos, et, poëte athlétique,Resta droit, les deux poings appuyés sur les reins.
Or, jusqu’ici, malheur au traducteur vulgaireQui voulut soupeser ce faix ! le téméraireComme un débile enfant tomba broyé dessous.
Pourtant vous, Antoni, de la taille de Dante,Vous en avez chargé votre épaule puissante,Et vous l’avez porté sans ployer les genoux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources