Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
A M. cavé
Directeur des Beaux-Arts
Hier encor mon âme était plus désoléeQue ne l’est la campagne au milieu des hivers ;Tout semblait mort : à peine on voyait dans les airsPasser, triste et muette, une idée isolée.
Aujourd’hui tout y vit : par nombreuse voléeS’élancent en chantant de jeunes et beaux vers ;Et le soleil rayonne ! et les arbres sont verts !
Et des plus riches fleurs la terre est étoilée !Vous seul vous m’avez fait ce printemps, ô Cavé,Printemps inattendu, même à peine rêvé,Tant la douleur semblait naturelle à mon être 1
O fleurs, ouvrez-vous donc, et vous, chantez, oiseaux ;Rayons, étincelez ; jaillissez, fraîches eaux :Et bénissez en chœur celui qui vous fait naître.
Paris, 7 janvier 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources