Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. Victor Hugo
Que le soleil est long à reparaître aux deux !Une éternelle nuit couvre-t-elle la terre ?Le monde à l’horizon en vain fixe les yeux :A l’horizon plein d’ombre aucun point ne s’éclaire.
Est-ce que le soleil est épuisé de feux,Qu’il hésite à rentrer dans sa large carrière ?Ses ennemis l’ont dit ; mais ces astres honteuxOnt besoin de la nuit pour leur faible lumière.
Non ! non ! rassurons-nous ; le soleil éternelSans s’épuiser jamais marchera dans le ciel :S’il a fait notre jour, il peut le faire encore.
Soleil, hâte-toi donc de redorer nos fronts :Pendant qu’avec respect nous nous inclinerons,Tu verras tes rivaux s’éteindre à ton aurore.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources