Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A ma mère
Ballottée à tout vent dans ce monde orageux,Mon âme à ta pitié, pauvre mère, s’accroche,Comme le naufragé se cramponne à la roche,Pour disputer sa vie aux flots tempêtueux.
Si je rentrais un jour chez toi, trop malheureux,Ton grand cœur oublîrait de me faire un reproche,Et je serais certain de voir, à mon approche,Un sourire à ta bouche, une larme à tes yeux.
Tu ne me dirais pas que j’ai fait bien des fautesDepuis que pour Paris j’ai déserté nos côtes :Tu me demanderais si j’ai souffert beaucoup.
Et si je m’excusais, ta main me ferait taire,Pour me baiser le front et te pendre à mon cou..Car tu m’aimes toujours 1 n’est-ce pas, ô ma mère ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources