Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Illusions
Nous sommes en novembre, et du front de l’année,Un par un, lentement, se détachent les jours ;Et la feuille des bois, par la bise entraînée,Tombe, et l’eau du ruisseau l’emporte dans son cours.
Ah ! ma belle saison est aussi terminée :Adieu, fleurs de la gloire ! adieu, fleurs des amours !De mes illusions la dernière est fanée ;Mon cœur est sec et nu, sec et nu pour toujours.
Pourtant je garde encore une vague espéranceQui, comme un blanc rayon traversant ma souffrance,Vient sécher dans mes yeux mes pleurs prêts à sortir.
Puisque des jours tombés l’an répare les pertesEt que l’arbre au printemps reprend ses feuilles vertes,Illusions du cœur, vous pouvez reverdir !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources