Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
A madame Dorval
Après la 25e représentation de Chatterton
Pendant ces blanches nuits où les airs épurésNous laissent entrevoir la splendeur tremblotanteDes palais du Très-Haut, notre œil ébloui tenteDe compter tous les feux dont les cieux sont parés.
Mais quand on croit savoir ces flambeaux éthérés,Un ange tout à coup, dans la céleste tente,Allume une autre étoile encor plus éclatanteQue tous les lustres d’or avant elle éclairés.
Madame, ainsi pour vous : quand la foule idolâtreVous salue à grands cris la reine du théâtre,Elle s’en va, croyant tous vos trésors connus ;
Mais le lendemain soir de son erreur l’éveille,Car, tout en vous laissant vos beautés de la veille,Chaque jour vous fleurit d’une beauté de plus.
Paris, avril 1835.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources