Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
A madame Dorval
Madame, il est donc vrai, nous allons vous revoir !Oui, malgré les jaloux, vous nous êtes rendue ;Nos vœux vous ont en vain si longtemps attendue,Que nos cœurs attristés ne gardaient plus d’espoir.
Quel accueil triomphal nous vous ferons ce soir !Pour vous fêter, ô muse ici-bas descendue,Le poëte a repris sa lyre suspendue,Et les plus doux parfums brûlent dans l’encensoir.
Mais d’un amour si grand conservez la mémoire :Bien que vous ayez fait assez pour votre gloire,Jurez à vos amis de ne plus les quitter.
C’est un besoin pour nous, Dorval, de vous entendre)Car nous avons toujours des larmes à répandre,Car nous avons toujours des fleurs à vous jeter.
Paris, février 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources