Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
A M. cavé
On rapporte qu’Alcide, en luttant contre Antée,Le renversait en vain sous ses puissants efforts ;Quand la Terre, sa mère, avait touché son corps,La force du géant semblait s’être augmentée.
Ainsi par le Malheur ma vie est tourmentée :Nous semblons tour à tour victorieux ou morts ;Mais nous nous relevons plus ardents et plus forts,Et nous recommençons la lutte ensanglantée.
La victoire ne peut hésiter plus longtemps :Il faut enfin la mort de l’un des combattants ;Que Dieu dans sa justice entre nous deux décide !
Ou plutôt c’est à vous qu’il remet ce pouvoir :Dès aujourd’hui, Cavé, faites-nous donc savoir,Du Malheur ou de moi, qui des deux est Alcide.
Paris, mars 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources