Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A mlle clarisse martin
Assis quelques instants au bout de sa carrière,Ton père se repose après de longs efforts ;Il porte en souriant ses regards en arrière,Sûr de n’y pas trouver l’ombre d’un seul remords.
Dans l’avenir aussi le bon vieillard espère,S’étant fait précéder par de nombreux trésors,Trésors faits des vertus qu’il cultiva sur terre ;Car les bienfaits semés se récoltent alors.
Quand la mort apparaît, maint vieillard tremble et pleure,Et demande à genoux un an, un mois, une heure ;Lui, loin d’en avoir crainte, y tient fixés ses yeux.
C’est qu’aux sentiers du juste il a passé sa vie ;Or, pour l’homme de bien, quand sa route est finie,La mort n’est qu’une porte ouverte sur les cieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources