Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
L’arc-en-ciel
Allons, ô jeune muse, allons, plus de chagrin !Que dans tes yeux les pleurs fassent place à la joie ;Car l’orage est passé, l’avenir se nettoieEt promet à nos jours un ciel longtemps serein.
On n’entend plus gronder qu’un tonnerre lointain !Sur le dernier coin noir l’arc-en-ciel se déploie :Muse, c’est le soleil qui triomphe et flamboie !Un beau soir finira notre sombre matin.
Rends donc son gai sourire à ta lèvre vermeille :Voilà des mois qu’il dort, il est temps qu’il s’éveilleEt de nos longs ennuis dissipe le brouillard.
Oui, ris, et ne crains plus de nouvelles alarmes :Puisque seule autrefois tu partageas mes larmes,Du bonheur qui m’attend prends seule aussi ta part.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources