Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A Mlle MARIE
Des jours de notre enfance, oh ! souviens-toi,Marie.Dès qu’un chant d’alouette annonçait le matin,Nous nous levions en hâte, et, couple un peu mutin,Nous courions au soleil jouer dans la prairie.
Pour faire une couronne à ta tête chérie,Parmi les mille fleurs écloses sur son sein,Mon jeune amour voulait faire un tri. Vain dessein !Toute fleur te semblait toujours assez jolie.
Alors nous cueillions tout, au hasard et sans choix,Tant qu’en pouvaient tenir tes deux bras à la fois,Et nous en remplissions les girons de nos mères.
Sans croire à leur éclat, sans croire à leur parfum,Je confie à ton cœur mes sonnets éphémères :Songe à notre prairie, et n’en rejette aucun.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources