Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A mm. sainte-Beuve et barbier
Le Sonnet, qui jadis donnait, dans notre France,Tant de fleurs et de fruits à nos bons vieux auteurs,Sembla longtemps languir, comme un arbre en souffranceQui s’épuise en boutons sans parfums ni couleurs.
Mais sa sève aujourd’hui revient en abondanceEt le fait reverdir comme aux temps les meilleurs ;C’est plaisir de le voir monter avec puissanceEt balancer aux vents son front chargé de fleurs.
Vous, de toutes ces fleurs, vous cueillez les plus belles,Sainte-Beuve et Barbier, car vous avez des ailesPour atteindre au sommet de cet arbre si haut ;
Mais moi, dans ma corbeille, hélas ! je ne recueilleQue celles qu’au gazon parfois la brise effeuille,Et mon maigre bouquet se fanera bientôt.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources