Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A mon ami pitre chevalier
Chevalier, que toujours l’amitié nous rassemble :Le but où nous tendons est un roc escarpé,D’un manteau nébuleux sans cesse enveloppé,Où tant se sont perdus, qu’en les comptant, je tremble.
Pourtant avec courage avançons ; il me sembleQue le brouillard déjà s’est un peu dissipé :J’entrevois le sommet par le soleil frappé.Marchons, mais prenons soin de n’arriver qu’ensemble.
Si l’un de nous, trop las, s’arrêtait en chemin,Que son ami l’attende ou lui prête la main :Le laisser pour monter, oh ! ce serait un crime !
Car lorsqu’on est amis, amis comme nous deux !Il vaut bien mieux tomber ensemble au même abîme,Qu’un rester aux enfers quand l’autre touche aux cieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources