Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. le comte Alfred de Vigny
Pour moi la poésie est un grand labyrinthe,Percé de longs sentiers, couvert de bois, obscur :Je tremble en pénétrant dans son immense enceinte,Et n’avance qu’un pas inégal et peu sûr.
Au loin je vois briller comme une flamme sainte,Et parmi le feuillage un large pan d’azur ;Mais quel sentier choisir ? Sans guide, moi, j’ai crainteD’en prendre un, ou trop long pour ma force, ou trop dur.
Déjà ma faible muse a sondé mainte allée,Sans avoir découvert d’issue à sa volée :Aussi, comme elle pleure au milieu du chemin !
Vous qui vous reposez au sommet de la gloire,Appelez-moi de loin : malgré la route noire,Peut-être, à votre voix, arriverai-je enfin.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources