Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Il meurt
L’automne était venue : un vent triste hurlaitDans les longs peupliers dépouillés de feuillage,Et l’on sentait l’air froid, chaque fois qu’un nuageSur le pâle soleil passait et le voilait.
Or sur sa couche, Lui, précocement, mouraitComme un chêne frappé de la foudre avant l’âge ;Et Marie, appuyant sur sa main son visage,Ployée à deux genoux, sanglotait et pleurait.
Enfin elle lui dit tout bas, la pauvre femme :« Au Dieu qui nous a faits recommande ton âme,Ami, pour que là-haut revivent nos amours ».
Mais il lui répondit, en tâchant de sourire :« Moi je n’admets pas Dieu, même pour le maudire !Adieu donc, ô Marie, adieu !. c’est pour toujours ! ! ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources