Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Bruits étranges
Dans son île à présent elle est seule, Marie.Souvent elle retourne au bord accoutuméQui la voyait s’asseoir près de son bien-aimé,Et cherche sur le sable une trace chérie ;
Puis, laissant vers le ciel monter sa rêverie,Dans chaque blanc nuage à l’horizon seméElle pense le voir, ange au cœur enflammé,Qui lui jette un regard, de la sainte patrie.
Mais dès qu’en son délire elle appelle son nom,Elle entend je ne sais quel effroyable sonQui la glace à la fois de peur et de surprise :
Soit que ce soient les flots soulevés par les vents,Ou les peupliers noirs se froissant à la brise.Ou de quelque damné les grincements de dents !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources