Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
L’absence
A MON AMI J.-M. MUTERSE
J’aime, lorsque je rêve à ma fenêtre ouverte,Qu’un cor dans le lointain essaie un air nouveau ;J’aime, lorsque d’ennui s’endort mon âme inerte,Que la main d’un ami me réveille en sursaut ;
J’aime un chant de grillon caché sous l’herbe verte ;J’aime sur les cailloux le murmure de l’eau ;J’aime le bruit du vent dans la forêt déserte ;J’aime, au lever du jour, les refrains de l’oiseau ;
J’aime une hymne sacrée en une vieille église,Lorsque l’orgue mourant sur la voûte se briseEt semble un chant du ciel qu’on n’entend qu’à demi ;
J’aime le doux parler d’une bouche de femme.Mais, plus que tout cela, ce qu’aimerait mon âme,Ce serait d’écouter ta voix, ô mon ami !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources