Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
L’ouragan
Depuis deux jours le ciel est gris de toute part ;Il fait froid ; la nature est en deuil tout entière,Et le dôme de plomb qui recouvre la terreNe laisse suinter qu’un jour terne et blafard.
Pas un rayon ne vient égayer le regard ;Comme un homme enfermé tout vivant dans sa bièreS’épuise à soulever l’énorme et lourde pierre,Le soleil ne peut pas traverser le brouillard.
Toute chose se tait : on n’entend dans l’espaceQue les longs sifflements de l’ouragan qui passe,Ou la tuile des toits qui tombe avec fracas.
C’est triste, n’est-ce pas ? un jour ainsi plein d’ombre ?Eh bien ! mon âme encore est plus froide et plus sombre.Laissez-moi donc pleurer et ne me raillez pas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources