Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Rondeau
Mes beaux songes d’hier que sont-ils devenus ?Comme des anges blancs ils m’étaient apparus,Les mains pleines de fleurs pour en ceindre ma tête :— « Jeune homme, disaient-ils, que ton cœur soit en fête,Car Dieu t’admet enfin au rang de ses élus !
Nous venons en son nom te saluer poëte. »Et moi, naïf enfant, sortant de ma retraite,J’ai dit, battant des mains : « Soyez les bienvenus,Mes beaux songes ».
Mais ils m’ont égaré dans des lieux inconnus.En proie à tous les maux, par bandes accourus,J’appelle à mon secours. mais aux cris que je jettePersonne ne répond ; l’écho seul les répète,Et je meurs à vingt ans, pour les avoir trop crus,Mes beaux songes !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources