Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
La foi
Avec sa bouche étroite et ses deux grands yeux bleus :Elle était belle à voir, la jeune Marie-Anne ;Elle était belle à voir, comme un tableau d’Albane,Avec sa blanche épaule et son cou gracieux.
Son corps, qui se penchait frêle et délicieux,Ne semblait recouvert de sa chair diaphaneQu’assez pour retenir en ce monde profaneSon âme, oiseau du ciel prêt à s’enfuir aux cieux.
C’était à l’adorer ; car, comme la Madone,Autant elle était belle, autant elle était bonne :Dieu ne créa jamais rien de plus achevé.
Aussi, je vous le dis, ô lecteur : une femmeQui réponde aussi bien aux désirs de votre âme,Vous n’en avez pas vu, vous en avez rêvé.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources