Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
La mort
Voici la fin du jour : si le couchant en feuResplendit de lumière et, sur les eaux du Rhône,Fait flamboyer au loin toute une ardente zone,Le soir à l’orient rembrunit le ciel bleu.
Le soleil, comme un char dont s’est brisé l’essieu,Roule et tombe, englouti par le fleuve au flot jaune ;Pourtant la nuit ne vient qu’en tremblant vers son trône,Tant son dernier rayon atteste encor le dieu !
Ainsi, quand Jésus-Christ, cloué sur la croix sainte,Voyant son père sourd à sa suprême plainte)Pâle et le front baissé s’apprêtait à mourir ;
Bien que depuis longtemps, en frémissant de joie,Elle guettât, de loin, cette divine proie,La Mort s’épouvantait et n’osait accourir !
Tarascon, octobre 1836.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources