Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
La paresse
Je viens de m’éveiller. Quelle heure peut-il être ?Il est tard, car j’entends les moineaux sur les toits,Et de lourds chariots, ébranlant ma fenêtre,Font crier les pavés qui tremblent sous leur poids.
Que le riche est heureux ! De sa vie il est maître :Il dort à son caprice, il se lève à son choix.De moi naguère aussi dépendait mon bien-être,Mais pour un peu de pain j’ai vendu tous mes droits.
Allons ! cours travailler, esclave ! — O mes doux songes,Qui flattiez mon orgueil de glorieux mensonges,Partez, mais ayez soin de revenir demain.
O joie inespérée ! A peine si l’auroreBlanchit le fronton noir du vieux temple romain.Mes beaux songes, restez ; je puis dormir encore !
Vienne, juillet 1835.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources