Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
La pluie
Le ciel comme mon âme est triste ce matin :Tantôt un grand nuage étend partout son ombre,Tantôt un gai rayon, perçant ce voile sombre,Éclaire les coteaux fuyant dans le. lointain.
Le temps à chaque pas devient plus incertain :Les nuages épars ont épaissi leur nombre ;Le soleil, disparu tel qu’un vaisseau qui sombre,A pâli, comme fait trop souvent mon destin.
C’en est fait, la lumière est vaincue et s’efface ;Un dôme obscur et froid emprisonne l’espace,Et la pluie à gros grains tombe, en rayant les cieux.
Tel est un jeune enfant agacé lorsqu’il joue :Le sourire et les pleurs se disputent ses yeux,Puis des larmes d’argent s’allongent sur sa joue.
Route de Marseille à Paris, mars 1837.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources