Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Le ciel
Comme un parfum d’encens ou comme une prière,Son âme s’envola directement aux cieux ;Et quand les saints parvis s’ouvrirent à ses yeux,Ce ne fut que musique, aromes et lumière.
De ce centre commun de la nature entière,D’où la vie et l’amour rayonnent en tous lieux,Dieu, penchant sur le monde un regard soucieux,Veille éternellement, comme un œil sans paupière.
Le bonheur l’inonda lorsqu’elle aperçut Dieu ;Mais bientôt, quand, parmi tous ces esprits de feu,Son œil de son amant ne reconnut pas l’âme,
Son cœur fut abreuvé d’indicibles tourments :En songeant qu’il souffrait dans l’infernale flamme,Elle voulut pécher ; mais il n’était plus temps !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources