Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
Le culte du génie
Mon cœur est resté pur de cette envie occulteQui, d’Homère à nos jours, fait que l’Humanité,Prompte à doter les morts de l’immortalité,Aux grands hommes vivants aime à jeter l’insulte.
Sur mes contemporains, c’est moi que je consulte,Sans attendre l’arrêt de la postérité,Et, loin de marchander un respect mérité,Mon admiration souvent se change en culte.
Une part de l’encens que je brûle, à genoux,Devant ces astres d’or qui nous éclairent tous,Monte au Très-Haut, qui seul nous fait ce que nous sommes.
Fêtons donc le génie, en tout temps, en tout lieu ;Ne craignons pas d’offrir des autels aux grands hommes.A travers toute idole on voit rayonner Dieu.
Vienne, novembre 1835.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources