Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
Maudite pluie !
On se croirait encore au plein cœur des hivers,Tant depuis quinze jours il est tombé de pluie ;A peine par moments un soleil pâle essuieLes pavés, que la boue a bientôt recouverts.
Ah ! loin des prés en fleur, loin des ombrages verts,Du poëte au bourgeois, tout le monde s’ennuie :Juin a droit d’exiger que pluviôse fuieEt laisse le printemps sourire à l’univers.
Quand votre main refuse aux villes désoléesDes midis radieux et des nuits étoilées,Vous oubliez, Seigneur, qu’il est des indigents
Qu’un hôte impitoyable a chassés de leurs chambres,Et qui sont obligés d’aller, le soir, aux champs,Chercher dans l’herbe un lit pour reposer leurs membres.
Paris, 6 juin 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources