Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Rondeau
O sainte poésie ! ô ma blonde déesse !Je brûle à ton autel l’encens que je te doi ;Sans te lasser jamais me secourant sans cesse,De tes beaux rayons d’or tu chasses ma tristesse,Comme le soleil chasse un brouillard devant soi.Oui, si dans l’avenir j’ai repris quelque foi,Si ma lèvre connaît un souris d’allégresse,Si je ne pleure plus, je ne le dois qu’à toi,O sainte poésie !
Mais lorsque le bonheur naîtra pour ma jeunesse(Car tu me l’as promis, déesse, et je te croi),Si tu devais me fuir au sein de la richesse,Quoi qu’ait souffert mon âme en ma longue détresse,J’aime encor mieux souffrir et t’avoir avec moi,O sainte poésie !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources