Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Le petit enfant
Oh ! le bel enfant blond ! il guette un massepainDont sa mère en riant frappe sa grosse joue.Quelle joie ! et quels cris ! et comme il couche en joueLe gâteau qui tournoie et descend vers sa main !
Alors sur ses deux pieds il se dresse ; soudainLe massepain remonte et de ses bonds se joue.L’enfant désappointé trépigne, fait la moue,Et de ses petits doigts l’effleure, mais en vain.
Puis, quand il s’aperçoit qu’on rit de sa tristesse,Son œil regarde encor le bonbon qui s’abaisse,Mais, pour s’en emparer, sa main ne s’étend plus.
Moi, malgré mes vingt ans, j’ai moins d’expérience ;J’ai déjà vu cent fois mes efforts superflus,Et toujours, cependant, je poursuis l’espérance.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources