Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
Un sylphe aimé
Sombres chagrins, troupe affamée,Qui sur moi vous ruez souventEt me dévorez tout vivant,Partez ! ma pipe est allumée.
Sur des nuages de fuméeAu contour sans cesse mouvant,Un sylphe bleu déroule au ventSa blonde écharpe parfumée.
Dans son essor capricieux,Tantôt il monte vers les cieux,Tantôt il effleure la terre.
Ne crains pas, sylphe aérien,De faire fuir la muse austère :Le monde et moi n’y perdrons rien !
Paris, 23 juin 1838.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources