Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
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Lorsque Dieu m’a frappé de sa verge secrète,Aussitôt de mon cœur, à flots longs et pressés,J’ai vu jaillir mes vers, l’un par l’autre chassés.D’abord tels qu’un torrent qui de roc en roc tombeEt se roule sur lui comme fait une trombe,Ils ont bondi partout, écumants et fougueux,Puis bientôt, fatigués de leur cours orageuxEt se creusant un lit sur le sable du monde,Laissé dormir leur eau, claire quoique profonde.Alors il a fait beau voir, autour de mes vers,Croître cent riches fleurs aux cent parfums divers ;Ce qui n’était pas fleur était de la verdure ;Mille oiseaux y chantaient dont la voix était pure,Et quand montait, brûlant, le soleil dans les airs,L’ombre fraîche tombait des longs peupliers verts.Oh ! c’était un beau lac, mon lac de poésie !.
ÉMILE PÉHANT. — Un Cimetière, poëmes inédits.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources