Chant du soir, 1917
L’Envolée d’une âme
NULLE oreille ici-bas n’a pu jamais entendreLe bruit que fait une âme en montant vers le ciel ;Et nul regard humain n’a pu jamais surprendreSon vol silencieux vers le trône éternel.Mystérieux passage et minute suprêmeQue l’âme doit franchir, suspendue un instantEntre l’éternité, cet éternel problèmeEt le si court séjour qu’on appelle le Temps.Songeons sans murmurer à notre fin dernière,Laissons courir les jours, laissons s’enfuir les ans,Et tout en poursuivant notre courte carrière,N’oublions point que Dieu sur les agonisantsSe penche avec amour, laissant pleuvoir sa grâceEt le bonheur qui dure au lieu du Temps qui passe.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chant du soir, Arthabaska, Impr. de l’Union, 1917· numérisation archive.org· Sources