Heures perdues, 1894
L’éternel voyageur
Qui donc es-tu, toi qui, franchissant les espaces,Sous ton souffle puissant vois les humains troublésSe pencher pour mourir comme tombent les blésSous l’ouragan vainqueur ? Que fais tu quand tu passes,
En planant sur ce globe étroit, puisque toujoursInflexible en ton œuvre et rapide en ta courseTu moissonnes partout mais sans tarir la sourceD’où coulent tous nos jours ?
D’où viens-tu, voyageur aussi vieux que le monde ?Qui t’a donné jadis cet éternel essor ?— « Je suis né de la vie immortelle et féconde ;Par ordre du Très-Haut, je fais ici ma ronde ;Vous m’appelez le Temps, je me nomme la Mort !
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Heures perdues, Paris, Imprimerie générale A. Côté, 1894· numérisation wikisource.org· Sources