Heures perdues, 1894
Humble vœu
Le sentier de la gloire est difficile et rude.Courageux qui le tente, heureux qui le gravit,Et qui, doué du ciel et formé par l’étude,Au delà du tombeau dans ses œuvres survit.
Autour de son grand nom jamais la solitudeMorne ne planera. Dans la mémoire il vitPlus longtemps que le marbre où de la multitudeL’égoïste rumeur toujours s’évanouit.
Moi je n’ai pas la gloire et pourtant je veux vivre !Jamais par un exploit, jamais par un beau livreAux siècles à venir, hélas ! je n’atteindrai !
Toi seul, ô mon enfant, toi seul dois me survivre,Et vainqueur de la mort qui des maux nous délivre,Ayant vécu pour toi, par toi je revivrai !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Heures perdues, Paris, Imprimerie générale A. Côté, 1894· numérisation wikisource.org· Sources