Sous les pins, 1902
Solitude
Pour l’âme solitaireRien ne vaut le mystèreD’un souvenir aiméQui dans le passé plongeEt, radieux mensonge,En retire un doux songeD’amour tout parfumé.
Qui n’a pas dans son âmeL’image d’une femme,De son premier amour,Illusion de l’homme,Adorable fantômeQu’avec des pleurs on nommeA chaque instant du jour !
Sur le front du poèteVenez, troupe indiscrèteDes souvenirs charmants.Lorsque las je sommeille,Chantez à mon oreillePour que mon cœur s’éveilleÀ vos bourdonnements.
J’écoute avec ivresseTous ces chants de jeunesseQue vous dites si bien,Et, trop courte insomnie,Votre douce harmonieMe vaut l’heure bénieD’un joyeux entretien.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sous les pins, Montréal, Librairie Beauchemin, 1902· numérisation poesies.net· Sources