Bouteille et vénus, 1876‑1924· Épigrammes imitées plus ou moins de l’Antique
Sur Priscus
Priscus, bibelotier, me montre ses merveilles,Qui consistent surtout en des coupes vermeilles,Des cratères, qui sont de précieux airainsImprégnés d’or, d’argent et des vases murrhins…Il en a d’algonquins, de montmartrois, de perses,Que sais-je ?… — « Celui-ci vaut cent mille sestercesMe dit-il ; celui-là me vient d’Alcimédon ;Et voici maintenant la coupe de Didon ;Cette autre n’est rien moins que celle où CléopâtreFit dissoudre une perle… et ce vase d’albâtre… »Il ne m’épargne pas le moindre bibelotEt puis, finalement, mon bougre de salaudMe donne un gobelet en zinc et me fait boireUn Suresne inhumain et qui me fout la foire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bouteille et vénus, Paris, "DISCIPLES D’HIPPOCRATE", 1933· Sources