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un seul est le mot juste.

La muse au cabaret, 1920· La muse au cabaret

Jean grain-d’orge

Raoul Ponchon· 14 quatrains, octosyllabes, 56 vers

À Jean Blaize.

D’après Burns.

Il était une fois trois roisQui firent serment, par saint Georges,De faire mourir Jean Grain-d’Orge.Un jour donc, les voilà tous trois,

Ayant surpris le pauvre hère,Qui l’abattirent tout d’abord,Et jurèrent qu’il était mort,Après l’avoir couvert de terre.

Mais quand vint le Printemps joli,On le vit relever la tête,Et faire une belle risette,Lui, qu’ils croyaient enseveli.

Et l’Été de sa chaude haleine,Le fit encore plus rétu,De dards acérés revêtu,Et se tenant droit sur la plaine.

Las ! l’Automne vint à son tour.Et sous le vent qui le soufflette,Jean Grain-d’Orge, courbant la tête,Semblait défaillir chaque jour.

Peu à peu, sous le faix de l’âge.Il perdit sa belle couleur,Tandis que ces rois de malheurS’acharnaient sur lui davantage.

Ils le rompirent au genou,Le mirent sur une charrette,Comme un assassin qu’on arrête,Les bras liés, la corde au cou.

Plus tard de coups ils l’accablèrent,Et le firent tourner au vent ;Et comme il demeurait vivantNos trois fripouilles le jetèrent

Dans une fosse pleine d’eau.(Qu’il y enfonce ou qu’il surnage)Vous croyez qu’il y fit naufrage ?…Jamais de la vie. À nouveau,

Ses ennemis s’ingénièrent,L’étendirent sur un plancher,Et — l’on eût dit pour le sécherEn tous les sens le secouèrent.

Malgré tous ces divers assauts,Comme il n’avait pas rendu l’âme,Ils firent alors sur la flammeFondre la moelle de ses os.

Et, digne de nos trois compères,Mais plus lâche encore, un meunier,En fait de supplice dernier,Broya sa tête entre deux pierres.

Et puis, ils poussèrent en chœur,Tous les quatre, un cri de victoire,Et burent, à leur grande gloire,Le sang généreux de son cœur !

Et voilà, qu’au fur à mesure,Ils buvaient le sang de son cœur,Que la joie, ainsi qu’une fleur,Épanouissait leur figure.

Versification

Forme
14 quatrains (quatrains)
Rimes
14(abba)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
14 quatrains
Mots à la rime
a rois / trois masculine, classiqueb Georges / Grain-d’Orge féminine, non classiquea hère / terre féminine, classiqueb d’abord / mort masculine, classiquea joli / enseveli masculine, classiqueb tête / risette féminine, classiquea haleine / plaine féminine, classiqueb rétu / revêtu masculine, classiquea tour / jour masculine, classiqueb soufflette / tête féminine, classiquea l’âge / davantage féminine, classiqueb couleur / malheur masculine, classiquea genou / cou masculine, classiqueb charrette / arrête féminine, classiquea l’accablèrent / jetèrent féminine, classiqueb vent / vivant masculine, classiquea d’eau / nouveau masculine, classiqueb surnage / naufrage féminine, classiquea s’ingénièrent / secouèrent féminine, classiqueb plancher / sécher masculine, classiquea assauts / os masculine, classiqueb l’âme / flamme féminine, classiquea compères / pierres féminine, classiqueb meunier / dernier masculine, classiquea chœur / cœur masculine, classiqueb victoire / gloire féminine, classiquea mesure / figure féminine, classiqueb cœur / fleur masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.2

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

56 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La_Muse_au_cabaret, Paris, EUGENE FASQUELLE, éditeur, 1920· numérisation e-periodica.ch· Sources