La muse gaillarde, 1876‑1924· Les belles paroles
Jeunesse
JE me souviens d’une contréeQue j’ai visitée autrefois.Comme au jour qu’elle s’est montréeÀ mes yeux, encor je la vois.
Elle était parfumée et verte,Y chantaient que d’oiseaux siffleurs !Et de ciel bleu toute couverteElle se pâmait sous les fleurs.
Sans doute pour la faire écloreLes cieux un jour s’étaient baissés :Je l’entendis toute sonoreD’éclats de rire et de baisers.
Elle était folle, enchanteresseEt fraîche comme l’eau des puits.Elle s’appelait la Jeunesse…Mais je ne l’ai su que depuis.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La muse gaillarde, Paris, ÉDITIONS RIEDER, 1939· numérisation wikisource.org· Sources