Bonheur manqué, 1889
XII. « C’est aujourd’hui Pâques fleuries »
dim. des Rameaux.
Mars,
C’est aujourd’hui Pâques fleuries,La ville est pleine de rameaux.Aux pauvres âmes attendriesJésus permet l’oubli des maux.
En ton église peinte à fresqueJe suis venu m’agenouiller.Pourquoi me fuir et me railler ?Puisque ton cœur est seul, ou presque.
On t’a donné le buis clément,On t’a donné de vertes palmes ;Moi, pour te faire des jours calmes,Je te donne mon dévouement.
Ce qu’à genoux ta foi réclame,La bonne chance et le soutien,Mieux que ton fétiche chrétien,Je te l’apporte, ma chère âme.
À la muraille on voit jaunirLa branche sainte prise aux haies.Je t’offre, au Dimanche des Baies,L’amour qui ne doit pas finir.
C’est aujourd’hui Pâques fleuries,La ville est pleine de rameaux.Aux pauvres âmes attendries,Jésus permet l’oubli des maux.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources