Bonheur manqué, 1889
III. « Ils étaient tous les deux de race gibeline »
après une lecture
de Th. Gautier.
Janv.
Ils étaient tous les deux de race gibeline,L’un et l’autre venaient des pays violents ;Ce n’était qu’un joueur obscur de mandoline,Mais ses yeux étaient insolents.
Il lui semblait parfois qu’il l’avait rencontréeDans les siècles passés, et qu’elle avait souri ;Alors comme aujourd’hui, d’une guimpe serréeSortait ce visage amaigri.
Au temps du vieux Boccace et des patriciennes,Peut-être qu’à Florence un soir elle daignaPoser très longuement ses lèvres sur les siennes,Dans un palais de l’Orcagna.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources