Pommes d’ève, 1874· Triomphe
27. A Madame L. de …
L’autre t’a déclaré qu’il veut un second filsEt les serments d’amour qu’autrefois tu lui fisVont être renoués ce soir, car il arrive ;Une chaîne éternelle à cet homme te rive,Et nos baisers, hélas ! ne font que l’alourdir.Demain, si nous partions, nous la verrions grandirEt nous l’entendrions sonner plus fort peut-être ;Va, cet homme maudit, pour jamais est ton maître !La tombe le prendrait, tu porterais son nomEt, mort, il te tiendrait par ce dernier chaînon ! —Trois mois, libres, tous deux, c’était par trop d’ivresse ;Aussi, tout va crouler ; car, malgré ta promesse,Je sais ce que des mots semblables ont de prix ;Au travers de tes pleurs, du reste, j’ai compris.— Il arrive ce soir ; tu voudras te défendre,D’abord, tu diras : non ; puis, il faudra te rendre..,Crois-moi, ne remplis pas ton regard de défis :L’autre t’a déclaré qu’il veut un second fils.
Paris, 1871.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pommes d’ève, Paris, impr. de J. Claye, 1874· numérisation gallica.bnf.fr· Sources