Prima Verba, 1872
XV. Sonnet
A MISS F. ET A MISS M.
Oh ! quand l’immense mer au grondement d’airainVient s’abattre à vos pieds en soupirant son rêve,Et que , le front penché, vous tenant par la main.Vous laissez vos pensers se perdre sur la grève ;
Vous dites-vous parfois qu’à votre nom s’élèveLe timide regret du poète chagrin,Lorsque, prenant son luth, son âme se soulèveEt songe au doux bonheur laissé dans le lointain
Oh ! jamais, n’est-ce pas ? L’inconstance vermeilleDe vos jeunes printemps, comme une vive abeille,Butine à toute fleur et soudain prend l’essor ;
Et si, furtif, un pleur à vos cils se hasarde,Votre œil en est plus pur, semblable au lis qui gardeLes larmes de la Nuit dans son calice d’or !…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources