Prima Verba, 1872
XXXV. Sonnet
AU LECTEUR
Un peu de joie, un peu de peine ;Un souvenir chaste et divinDorant comme une aube lointaineLe front pâle du libertin ;
Les doux rêves d’un paladin ;Des cris d’amour, des cris de haine…Voilà, ce que dit ce bouquin :Toujours la vieille histoire humaine.
Comme toi, comme un autre, j’eus,Lecteur, mes soucis inconnusEt mes ivresses dérobées ;
Mon sort, jeune arbre, frémissait ;Et quand le vent le secouaitCes quelques feuilles sont tombées.
18 janvier 1872.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Prima Verba, Paris, E. LACHAUD, ÉDITEUR, 1872· Sources