Œuvres complètes, 1625‑1660· Cantiques, hymnes, etc.· Hymnes de la vierge
L’hymne
Quem terra, Pontus, etc.
Celuy qu’on revere en tous lieux,Que dans la terre et dans les cieuxL’on craint, l’on revere et l’on prie,Celuy de qui le seul vouloirRetient le monde en son devoir,Repose au ventre de Marie.
Celuy qui mesure le coursDes siecles, des ans et des joursCeluy qui jamais ne varie,Par qui la lune et le soleilVont toûjours un chemin pareil,Repose au ventre de Marie.
Heureuse mere qui conceutL’enfant dont le monde receutLa gloire où nostre espoir repose !Et qu’à jamais soit estiméLe ventre auquel fut animéL’estre éternel de toute chose !
Heureuse mere, dont le fruitQue tes chastes flancs ont produitEnvers nous acquitte l’oracle,Fay voir du Pere la pitié,Fay voir du Verbe l’amitiéEt du Saint-Esprit le miracle.
Gloire soit à ce Dieu naissant,Ainsi qu’au Pere tout-puissant,Dont il est l’éternelle image !Gloire au Saint-Esprit, qui fait voirQue luy seul avoit le pouvoirD’unir l’ouvrier à son ouvrage !
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources