Œuvres complètes, 1625‑1660· Les Pseaumes.
Le Cxxiie Pseaume
Ad te levavi oculos meos, etc.
Lors que mon malheur a permisQue l’envie et mes ennemisEcumassent sur moy leur rage,A toy seul, monarque des cieux,Qui m’as relevé le courage,J’éleve ma voix et mes yeux.
Quand un ancien serviteurPrend son maistre pour protecteurEt demande son assistance,L’on ne peut sans iniquitéRefuser cette recompenseA sa vieille fidelité.
Mais, miserable que je suis !Aprés tant de jours et de nuitsQue j’ay perdus dans les delices,Puis-je avoir la presomptionDe pretendre par mes servicesMeriter ta protection ?
Cependant, mon maistre et mon roy,Ma seule esperance est en toyAu malheur qui me persecute ;Les petits et les grands espritsMe font diversement la buteDe leur haine et de leur mépris.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources