Œuvres complètes, 1625‑1660· Les Pseaumes.
Le Cxxie Pseaume
Lætatus sum in his, etc.
Quelle éclatante voix portera mes cantiquesJusqu’aux arcs triomphaux courbez sur les portiques ?En rentrant dans la ville où Dieu seul veut regner,O Sion, dont la gloire honora ma naissance,Dois-je pas témoignerQue ma joye est égale à ta magnificence ?
Des deux bords du Jourdain les peuples, à tesfestes,Se contentant de fleurs pour couronner leurs testes,Offrent sur tes autels leurs plus riches thresors ;Et cette pieté sans fard et sans exempleQu’ils font paroître alorsEst le plus beau joyau qui decore ton temple.
La justice et la foy, ces deux fermes colomnes,Sur qui les potentats assurent leurs couronnes,Sont les fermes supports de celle de tes rois,Et font qu’en ton senat, sans force et sans contrainte,La majesté desloixImprime dans les cœurs le respect et la crainte.
Que l’ange protecteur de ta juste querelleRende de ton abord la force naturelleInvincible aux assauts des plus fiers combattans !Qu’autant qu’aux ennemis tes murs sont redoutablesQue pour tes habitansTes palais somptueux se trouvent delectables !
Que mes freres sortis de ces douze lignées,Que le temps a dés-ja de leur tige éloignées,Soient toujours pour la foy de même opinion !De tous les soins mortels, le plus grand qui me toucheEst que cette unionSoit telle en ses rameaux qu’elle étoit en sa souche.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources