Œuvres complètes, 1625‑1660· Les Pseaumes.
Le Cxxxiie Pseaume
cce quàm bonum,etc.
Vous n’avez point, mortels, de vertu tant exquise,Comme est la charité,Qui fait que tous les cœurs en une mesme égliseN ont qu’une volonté ;L’encens n’a point d’odeur qui soit plus estimée,Quand le prophete Aron de sa sainte fuméeAccompagne ses vœux.Ni le baume sacré qu’au grand jour de sa festeUne prodigue main, le versant sur sa teste,En parfume à la fois sa barbe et ses cheveux.
Comme on voit, en esté, sur les costes ardantesDe Sion et d’Hermon,La rosée apprester aux moissons languissantesLeur fertile limon,Ainsi les cœurs unis d’une amour mutuelleTrouvent dans les douceurs de la grace éternelleLeur consolation ;Et, dans tous les malheurs qui traversent leur vie,Ils ont de vrais amis, sans fard et sans envie,Sur qui se décharger de leur affliction.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources