Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
Epitaphe
Celuy de qui les os sont dans ce monumentDès l’avril de son age avoit tant de sagesseQu’en un siecle remply de tout débordementSeulement sa valeur temoignoit sa jeunesse.
Un chacun admiroit la douceur de ses mœurs,Et la Mort, dont la faux toute chose moissonne,Voyoit de sa vertu naistre des fruits si meursQu’elle prit de ses jours le printemps pour l’automne.
Jamais homme icy bas, au jugement de tous,Ne fut moins envié ny si digne d’envie.Les dieux souhaiteroient de mourir comme nousPour vivre sur la terre une aussi belle vie.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources