Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
A Mgr le grand prieur de France
Enfant du plus grand roy qui vive dans l’histoire,A quel peuple inconnu de tout cet universPuis-je porter ton nom sur l’aile de mes versQui par tes propres faits n’ait desjà sceu ta gloire ?
Depuis les bords de l’onde où le soleil va boireJusqu’à ceux du levant les derniers découverts,La terre et l’eau, tesmoins de tes exploits divers,Autant que leur durée estendront ta mémoire.
Celles dont les escrits triomphent de la mortSçavent bien en leur cœur qu’elles te feront tortSi tu n’es dans leur temple en la premiere place.
Mais leur discretion n’oseroit te vanter ;La honte leur défend de parler de leur race :Elles sont, comme toy, du sang de Jupiter.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources