Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
SUR LA MORT De Monseigneur le Cardinal Du Perron
Quoy ! ces rares vertus dont Ariste fit voirDes largesses des dieux sa belle ame chargée,Quoy ! les justes regrets de la France affligéeNe purent à pitié les destins esmouvoir !
Ils ont mis à tombeau ce demon de sçavoirDont la terre sembloit estre au ciel obligée,Et sans aucun respect la Parque s’est vangéeDe celuy dont le nom méprisoit son pouvoir.
Ariste, favory des filles de Memoire,Fut icy bas un dieu dont l’immortelle gloireA merité d’avoir des vœux et des autels.
O souverains autheurs des loix inviolables !Quelle foy maintenant vous peut croire immortels,Puique l’on voit la mort attaquer vos semblables ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources